AVANT LE DÉPART: FORMALITÉS ADMINISTRATIVES ET QUESTIONS DE SANTÉ

"Le plus beau voyage, c'est celui que l'on n'a pas encore fait." Loïc Peyron

L'une des questions qui revient souvent lors de nos discussions concerne la façon de se préparer lorsqu'on envisage une telle aventure. Outre l'aménagement du 4x4 (voir l'article "Comment choisir et aménager  son véhicule pour voyager en Afrique?") et la planification de l'itinéraire (voir l'article "Comment établir un itinéraire pour un road-trip en Afrique?"), les formalités administratives et les questions de santé sont les deux points les plus importants.

Pour ne pas s'y perdre, parce que croyez-moi il y a de quoi, une seule solution : faire des listes. Et je suis devenue championne en la matière... À tel point que rien ne me frustre plus que d'accomplir quelque chose qui n'était pas sur la liste, car du coup il n'y a rien à barrer!!!

Nous avons donc compilé dans cet article les éléments essentiels à garder en tête - on a gracieusement décidé de vous épargner les milliers de petits détails qui animent actuellement nos journées 😉

Formalités administratives et recherches sur internet... Ou comment tester sa zen attitude!

Les formalités administratives

Le passeport

Il doit être valable encore 6 mois au moins après votre date de sortie présumée du pays (en l’occurence, le dernier visité).

Le permis de conduire international

Il s’agit de la traduction officielle de votre permis français et il n’est valable qu’accompagné de celui-ci. Indispensable si vous prévoyez de conduire à l’étranger (sauf exceptions), il faut en faire la demande assez longtemps à l’avance pour être tranquille.

Vous trouverez toutes les infos sur son obtention ici : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F11534.

 

Le permis international, à toujours présenter accompagné du permis français!

 

Les visas

C'est peut-être le point qui nous a donné le plus de fil à retordre.

En tant que ressortissants français, sur les quelques 20 pays que nous traverserons seuls 6 ne nécessitent pas de visa (Espagne, Maroc, Sénégal, Namibie, Botswana et Afrique du Sud).

2 autres délivrent sans souci le visa à la frontière (Mauritanie et Togo), ce qui laisse 11 pays pour lesquels le visa est obligatoire (Guinée, Sierra Leone, Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Nigéria, Cameroun, Gabon, République du Congo, République Démocratique du Congo et enfin Angola).

Après de nombreuses heures passées à chercher des informations sur internet, le constat est sans appel. Impossible de les prendre à l’avance, surtout sachant qu’ils ne sont souvent valables que pour une durée limitée.

Restait donc à savoir comment faire… La solution nous a finalement été donnée par quelqu’un travaillant à l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, qui nous a dit que nous pouvions prendre nos visas au fur et à mesure, dans une ambassade du pays concerné dans l’un des pays que nous traversons avant… Je vous ai perdu en route…?? Voilà ce que ça donne:

  • Maroc :
    • Pas de visa demandé
    • A faire : /
  • Mauritanie
    • Visa délivré à la frontière
    • À faire : /
  • Sénégal
    • Pas de visa demandé
    • À faire : Visas pour le Ghana, la Guinée et la Côte d’Ivoire
  • Guinée
    • Visa fait au Sénégal
    • À faire : Visa pour la Sierra Leone
  • Sierre Leone
    • Visa fait en Guinée
    • À faire : /
  • Côte d’Ivoire
    • Visa fait au Sénégal
    • À faire : Visas pour le Bénin, le Nigéria le Cameroun et l’Angola
  • Ghana
    • Visa fait au Sénégal
    • À faire : /

Et la liste continue ainsi jusqu’en Afrique du Sud. Alors bien sûr vu comme ça c’est tout beau tout propre, mais en vrai nous n’avons pas la moindre idée de comment cela se passera une fois sur place… Mais quoi qu’il arrive nous trouverons une solution!

Voici un site pour trouver les coordonnées de toutes les ambassades dans le monde : https://embassy-finder.com/fr/

Le carnet de passage en douane (CPD)

C’est en quelque sorte le visa de notre véhicule. 

Il s’agit d’un document douanier international « fournissant au pays visité une garantie pour le paiement de tout droit de douane et taxe d'entrée exigible au cas où les véhicules ne seraient pas réexportés, à l'échéance du séjour autorisé ».

Pour l’obtenir, il faut déposer en garantie l’équivalent de la cote argus du véhicule (en réalité c'est vous qui déterminez la valeur à laquelle vous l'estimez), montant qui sera ensuite remboursé à la fin du voyage, sur présentation du CPD dûment rempli par les autorités douanières (et/ou de tous documents permettant de le régulariser).

Pour en savoir plus : https://www.automobile-club.org/tourisme-et-voyages/carnet-de-passages-en-douane

Les assurances

L’assurance santé / rapatriement

Cela fait partie des grandes questions que l’on se pose avant de partir pour un long voyage… Quelle assurance santé/rapatriement choisir??

Dans notre cas, les 3 premiers mois seront couverts par l’assurance comprise avec notre carte bleue VISA. Pour la suite, après avoir comparé de nombreuses offres et avis, nous avons finalement choisi l’assurance Chapka Aventure. Nous croisons les doigts pour ne pas en avoir besoin, mais dans le cas contraire on part l’esprit tranquille.

L’assurance véhicule 

Nous connaissons tous la fameuse « carte verte », le certificat d’assurance automobile délivré par les assureurs en Europe et dans tous les pays membres de ce système (comme le Maroc).

C’est en nous renseignant sur la question de l’assurance de notre véhicule pour la suite du voyage que nous avons découvert qu’il existait plusieurs autres systèmes de carte, auxquels il est possible d'adhérer lors de son arrivée dans le pays. Ainsi, il faut prendre une carte orange en Mauritanie, une carte brune en Afrique de l’Ouest, une carte rose en Afrique Centrale, et enfin une carte jaune au Congo…

Comme il n’est pas facile de s’y retrouver, voici une carte trouvée sur Wikipedia qui montre les pays membres des différents systèmes:

 

Systèmes des assurances automobiles à l’international (source: Wikipedia)

 

Pour l’Angola, la Namibie, le Botswana et l’Afrique du Sud, il est apparemment possible de les prendre à la frontière… Je dis apparemment car une fois n’est pas coutume, il n’est pas chose aisée de trouver des informations sur le sujet! Mais comme pour le reste, on ne peut que se préparer au mieux et s’adapter par la suite 😉

Signaler sa présence 

Inscription au Fil d’Ariane

Ariane est un service proposé sur le site de France Diplomatie (https://pastel.diplomatie.gouv.fr/fildariane/dyn/public/login.html). Il permet de s’enregistrer auprès du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères lors de tout déplacement à l’étranger.

L’inscription est gratuite et offre de renseigner ses dates d'arrivée et de départ dans les différents pays traversés. Un moyen de signaler sa présence sur le territoire dans l’éventualité d’un événement impromptu…

Se présenter au consulat de son pays d’origine

En arrivant dans un pays étranger, il est important de contacter  le consulat de son pays d’origine (ou mieux encore de se présenter en personne) pour signaler sa présence sur le territoire.

Cela permet de faciliter toutes les démarches que l’on pourrait avoir besoin d’entreprendre, notamment en cas de perte ou de vol de documents, ou de troubles sur place.

 

Les questions de santé 

Parce qu’on ne plaisante pas avec sa santé, il est essentiel avant tout voyage de faire un check-up complet auprès de son médecin généraliste. Cela permet également d’aborder la question des vaccins et d’un éventuel traitement contre le paludisme.

Les vaccins

Fièvre jaune et carnet de vaccination international

Pour voyager en Afrique ou en Amérique latine, le vaccin contre la fièvre jaune est indispensable, voire même obligatoire dans certains pays qui peuvent donc vous refuser l’entrée sur leur territoire (ou de prendre votre vol) en cas de manquement.

Dans notre cas, 7 des pays que nous traversons (Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Cameroun, Gabon, République du Congo et République Démocratique du Congo) exigent la preuve de la vaccination (le fameux carnet de vaccination international) lors de l’entrée.

Le virus de la fièvre jaune, ou virus amaril, est transmis par nos amies les moustiques femelles qui piquent durant la journée, et provoque une fièvre hémorragique. Il n’a pas encore, à ce jour, de traitement efficace et peut être mortel. D'où l’importance du vaccin si vous envisagez un voyage dans les zones indiquées en couleur sur cette carte:

 

Répartition du virus de la fièvre jaune (rouge pour virus endémique, orange pour virus présent) (source: Wikipedia)

 

Pour se faire vacciner, il faut se rendre dans l’un des centres de vaccination agréés par les Agences Régionales de Santé, dont vous pouvez trouver la liste ici : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/tableau_cvfj_mai_2017.pdf

Le médecin vous délivrera alors le carnet de vaccination international, qui rejoindra votre passeport au titre des documents essentiels à votre voyage!

 

Le carnet de vaccination international, à présenter lors de son arrivée dans un pays où le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire.

 

Autres vaccins

Parce que la fièvre jaune n’est malheureusement pas la seule sur la liste des maladies potentiellement graves qui pourraient menacer notre séjour, voici la liste des autres vaccins que nous avons fait:

  • Rappel du DT polio
  • La typhoïde
  • La méningite à meningocoque (A & C)
  • L’hépatite A
  • L’hépatite B

Le vaccin contre la rage (qui n’est d’ailleurs pas vraiment un vaccin, puisqu’il n’empêche pas d’attraper le virus) est le seul que nous avons finalement décidé de ne pas faire. C’est un risque, certes, mais que nous prenons en toute conscience connaissant notre façon de voyager.

Le paludisme

C’est l’éternel débat intérieur du voyageur… Prendre ou ne pas prendre de traitement anti-palu???

Le paludisme est une maladie tropicale parasitaire, potentiellement mortelle, également transmise par les moustiques femelles (elles sont décidément pleines de bonnes surprises!), qui piquent cette fois à partir du coucher du soleil jusqu'à l’aube.

Il existes différentes espèces de parasites responsables du paludisme chez l’homme, provoquant des formes plus ou moins graves de l’affection. Un diagnostic et un traitement précoce de la maladie permettent toutefois d’en limiter l’intensité et d’en réduire considérablement la mortalité.

Alors qu’un vaccin est actuellement à l’étude et en très bonne voie (des projets pilotes sont menés par l’OMS dans 3 pays d’Afrique où les vaccinations devraient commencer cette année, source: OMS), la maladie peut aujourd'hui être prévenue au moyen d’antipaludiques (Malarone, Doxypalu, etc).

Ces traitements préventifs font l’objet d’un débat sans fin parmi les voyageurs. Entrainant des effets secondaires parfois difficiles à vivre, ils peuvent aussi masquer les symptômes, rendant le diagnostic plus compliqué.

Alors que faire? Nous avons posé la question à plusieurs médecins et avons chaque fois obtenu une réponse différente. Il semblerait que chacun ait une opinion sur le sujet….

Nous avons finalement décidé de mettre le paquet pour éviter de nous faire piquer (manches et pantalons au tissus épais, anti-moustique, huiles essentielles, moustiquaire, etc) et de consulter immédiatement en cas de fièvre.

 

Pas évident de garder le cap quand on patauge dans tout ça. Vous comprenez mieux maintenant mon obsession des listes! Elles sont un peu notre calendrier de l'avant voyage... Une façon d'avoir toujours un oeil sur ce qu'il nous reste à faire avant le départ!

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