LA RÉGION DU RIF – UNE ROUTE TOUT EN COULEURS

Randonnée vertigineuse dans le parc national de Talassemtane

Au matin, après avoir goûté notre première omelette au cumin (recette que nous adoptons instantanément), nous filons dans les montagnes et nous arrêtons à Akchour dans le parc national de Talassemtane. Le camping que nous trouvons est un espace aménagé au bord de la rivière, et le monsieur qui travaille là se propose de nous préparer notre tout premier tajine. Affamés, nous apprenons pourtant qu’un bon tajine se mijote à feux doux, pendant ce qui nous parait être looooooogtemps!! Mais il faut avouer que c’est un régal pour nos papilles, et nous le dévorons d’ailleurs en quelques minutes. La vallée verdoyante regorge de possibilités pour randonner et nous choisissons de nous rendre au Pont du Diable, une arche naturelle à laquelle on accède par un sentier à flanc de montagne, dominant le canyon… Une petite mise en jambes vertigineuse mais bienvenue après ces derniers jours!!

Chefchaouen, dite la Ville Bleue

Nous continuons notre route et arrivons à Chefchaouen, petite ville construite à flanc de montagne et également appelée la Ville Bleue. Nous garons la voiture sur un parking surplombant la ville et nous engouffrons dans ce labyrinthe de ruelles, plus colorées, charmantes et pentues les unes que les autres. L’endroit est digne d’une carte postale… Le bleu emblématique de la ville est partout, ses teintes variant du pastel à l’indigo profond, mis en valeur par le blanc et les tons naturels de la pierre. Les échoppes regorgent de sacs de pigments bruts de toutes les couleurs, d’épices, de tapis, de bijoux et je mène, avec succès, ma première lutte contre une malencontreuse et récurrente fièvre du shopping! Le temps que nous retrouvions la voiture (c’est à dire que nous remontions toutes les ruelles que nous avions si facilement descendues!) il est déjà tard et nous décidons de rester au camping tout proche.

Nous y rencontrons Juan et son amie, américains et voyageant comme nous avec un land cruiser. Lui a commencé le voyage à New York, parcourant le continent jusqu'à Ushuaia, puis envoyant le véhicule en bateau jusqu’en Afrique du Sud. C’est là qu’il est rejoint par une amie, avec qui il remontera toute l’Afrique avant de traverser l’Europe et la Russie jusqu’au Vietnam, puis direction l’Australie avant de rentrer à New York… Une sacrée aventure qui nous laisse rêveurs et gonfle notre motivation!

Rencontre avec Aziz, Hurya, et leurs trois enfants

Sur la route qui nous mènera à Meknes les collines verdoyantes couvertes de fleurs et d'oliviers, pleines de vie, défilent devant nos yeux émerveillés… Le printemps au Maroc est définitivement un moment particulier et nous savourons notre chance d'être là.

Au détour d’un virage apparait ce qui semble être un petit hameau, si bien dissimulé sous ses toits bas et végétalisés qu’on le distingue à peine. Un unique palmier pointe sa tête à travers l’une des maisons, et nous apercevons des enfants en train de jouer. Nous arrêtons la voiture et sortons pour demander s’il est possible de camper dans les environs… Tandis que les femmes se dissimulent à notre vue, timides, les enfants nous mènent à Aziz, l’homme qui habite la maison au palmier.

Il nous accueille avec son immense sourire et nous invite à monter notre camp dans son jardin, que nous partagerons avec ses deux ânes, qui pour l’instant profitent d’une sieste visiblement agréable au soleil… Il nous invite à entrer dans la maison bâtie en pisé, la brique traditionnelle de paille et de terre, où nous faisons la connaissance de Hurya, sa femme et de leurs enfants Myriam, 3 ans, et Adam, 7 ans. Les pièces ont été construites autour du grand palmier, d’ailleurs le seul de la vallée, qui émerge par le toit fait de bambou, de toile et de terre. Une jolie vache noire occupe la première pièce, à laquelle fait face la cuisine où Hurya nous prépare le thé traditionnel tandis que nous nous installons dans le salon.

Aziz connaissant quelques mots de français et Ebi baragouinant quelques mots d’arabe, nous parvenons à communiquer, à grand renforts de gestes et d'éclats de rires… Hurya apporte le thé, à la menthe bien sûr, accompagné d’olives, de pain, de beurre frais, d’huile d’olive, ainsi que d’un verre de leben, sorte de petit lait crémeux absolument délicieux! Nous comprenons qu’Aziz possède des oliviers (au Maroc ils sont sponsorisés par le gouvernement à hauteur de 70%) et qu’il travaille par ailleurs pour une petite entreprise locale qui distille de la menthe pendant le mois d'août.

Il nous montre son rucher, dissimulé sous la paille dans le jardin, et nous emmène ensuite faire un tour dans sa voiture, qu’il gare toujours en pente pour pouvoir la démarrer! Ebi assumant le rôle de copilote, Toni et moi grimpons à l’arrière dans la benne. Aziz tient à nous faire découvrir sa vallée et s’arrête régulièrement pour nous laisser le temps d’admirer les paysages… Puis nous roulons jusqu'au village, où il nous propose de nous arrêter boire un café. Ses amis, curieux de nous voir ici, se joignent gaiement à nous tandis que les enfants prennent la pose à côté de moi pour que je les prenne en photo.

Quelques expressos plus tard nous rencontrons Issa, le fils aîné d’Aziz, qui nous rejoint après sa journée à l’école et reprenons la route de la maison. Nous montons rapidement notre campement sous les yeux amusés de la famille, et les invitons à partager un café de notre cru… C’est en voulant allumer la lumière pour montrer fièrement à Aziz les fonctionnalités multiples de notre carrosse que nous découvrons que notre batterie annexe est à plat… Le peu de kilomètres que nous avons fait depuis Tarifa n’a pas suffi à la recharger!

Le soir venu les tapis soigneusement roulés et rangés la journée trouvent leur place dans le salon, où nous partageons le repas, éclairés par une lampe montée directement sur la bouteille de gaz. Même si nous ne comprenons pas tout, la conversation va bon train et nous passons un super moment avant d’aller rejoindre nos colocataires à quatre pattes pour la nuit.

 

Au réveil, avant de prendre la route, nous dégustons une galette de maïs toute chaude préparée par Hurya (à vrai dire la meilleure qu’on ait goûtée jusqu'à présent) délicieusement croustillante et fondante à la fois. Après des au-revoir chaleureux, nous déposons Aziz une vingtaine de kilomètres plus loin et devons promettre de revenir le voir si nous repassons un jour dans le coin… Après tout qui sait? Un voyage est toujours plein de surprises!

Commentaires(4)

  1. Alix says

    Bravo ! 🤗 les photos font rêver, on a l’impression de sentir l’odeur Des galettes et des épices, c’est presque comme si on y était mais j’irai bien pour de vrai quand même !

    • Solenne says

      Merciiiiii 😍 tu sais bien sûr que tu es bienvenue quand tu veux et où tu veux…. on t’attend!!!

  2. Madith says

    Je viens de passer un.peu de temps et.de rêverie à suivre vos pas….photos, couleurs et rencontres superbes. Ça donne très envie!

    • Solenne says

      Merci!! Oui le Maroc est vraiment un superbe pays qui mérite d’être découvert 😍

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